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Moi, c'est Louise, mais je supporte pas ce prénom, donc appelez-moi Lou : un prénom banal, comme moi. J'crois bien que j'avait 17 ans à l'époque, mais de toutes façons, on s'en fout. Mon physique était comme mon nom : banal, rien d'extraordinaire. J'étais brune, les cheveux qui m'arrivaient aux épaules et une frange qui me tombait sur les yeux. Pratique, ça cachait mes larmes. J'étais malheureuse au sens propre du terme, ma vie, c'était un enfer.
Quand j'avais 7 ans, mes "parents" m'ont dit que j'avais été adoptée. C'est pour ça que je ne savais presque rien de moi. Juste que j'étais née à la campagne. J'y ai vécu jusqu'à mes 6 mois avec mes parents, puis un matin, ils ont eu un accident de voiture. J'ai ensuite fait un séjour de quelques jours dans un orphelinat, qui ne m'a pas marqué, puis j'ai été accueillie par Sylvie et François. C'est tout ce que je savais. Ils ne m'ont jamais vraiment aimée, et moi non plus. Tant mieux.
A onze ans, seule et toujours livrée à moi-même puisque Sylvie et François n'étaient jamais là, je passais mes journées à pleurer, dans mon coin, en gardant tout sur le coeur. Je n'avais pas d'amis. A douze ans, j'ai découvert avec joie les plaisirs de mon compas et du rasoir de François. J'avais enfin des camarades de jeux. Mon sang coulait et je voulais que tout le monde le sache, que tout le monde le voit. Que tout le monde ait pitié de moi et m'aide. Il n'en était rien, tout le monde s'en foutait royalement. Donc je continuais. A force, j'éprouvais un véritable besoin de voir ce sang, mon sang, et les cicatrices étaient déjà nombreuses. Je m'en fichait. A treize ans, ma première piqûre sur l'avant-bras me donna l'impression de voler, de planer dans les airs, au-dessus de la mer... Pendant quelques minutes seulement. Je devins vite complétement accro. Tous les jours, il me fallait ma dose, c'était tout simplement inimaginable de passer une seule journée sans en prendre. A quatorze ans, une fille me présenta ses potes Vodka et Bière. J'enchaînais bouteille sur bouteille. J'étais bien, je me sentais forte. Et je faisais des conneries inimaginables. Vous diriez "Oh la honte !" mais moi, je m'en fichait. Je passais pour une folle : droguée, alcoolique et qui se coupait les veines. J'avoue, j'avais une belle réputation. La vie ne pouvait plus m'étonner, rien ne me faisait peur. Et certainement pas la mort. "Qu'elle vienne celle-là ! J'suis prète !" je me disais. Mais elle n'arrivait pas. Souffrir, mais pas mourir, tel était mon destin.
Arrivée en troisième, je ne me donnais même plus la peine d'aller en cours. A quoi cela pouvait-il me servir ? Ma vie serait, de toutes façons, un échec. Je n'avais aucun talent particulier, aucune passion. Rien ne pouvait me sortir de ce trou noir, et j'en étais consciente. J'ai essayé de me suicider, mais sans succès. Juste trois semaines dans le coma et un psy qui me collait aux basques. J'avais sauté du haut d'un immeuble, croyant réussier à mettre fin à mes jours, mais apparement, cet imbécile de destin en avait décidé autrement. Malgré mes nombreuses tentatives, rien ne se passait. J'avais tout de même de l'espoir, et je continuais à espérer que la Mort viendrait moi aussi me chercher rapidement. Quelques semaines après mon premier "petit accident", la femme de ménage me retrouva dans un bain de sang. Mon sang. Je m'étais ouvert le poignet avec un rasoir. Dans une baignoire remplie d'eau pour que le sang coule plus vite. J'étais certaine que cette fois, ça marcherait, mais cette idiote à appelé les secours. Je n'ai pas eu le courage de trouver un pisolet, trop la flemme.
Je repris donc ma petite vie tranquille : drogue, alcool et scarifications. Une nouvelle amie vint à ma rencontre : Anorexie. Elle me confia que j'étais un peu ronde et qu'elle pouvais m'aider. Anorexie était vraiment gentille avec moi. Elle m'aida à résister à la nourriture, et le peu que j'avalais, elle me montra comment m'en débarasser. J'avais juste à me mettre le doigt dans la bouche. C'était facile. Elle m'a beaucoup appris, et ensuite, j'étais toute mince ! "Maigre et pâle comme la mort" dirait Sylvie, mais j'm'en fichais. J'allais pas arrêter maintenant...
Je pense vous avoir dit à peu près tout... Maintenant, vous allez connaître mon histoire... Dans les moindres détails...
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